Saumon à l'émulsion d'aneth et rosace de pommes de
terre
L'avantage quand on a la chance de naître dans une famille nombreuse, c'est qu'on a pas besoin d'inviter les petits voisins pour jouer et faire des bêtises !
Nous étions 6 frères et soeurs, si vous enlevez la petite dernière... trop petite... et quelques fois l'aîné qui travaillait avec les parents au restaurant ! Il restait
4 garnements... ce qui est largement suffisant pour dévaster une chambre !
Car les enfants avaient deux endroits pour jouer... le jardin quand il faisait beau... la chambre par mauvais temps !... Ils aimaient bien la chambre... elle leur permettait de développer leur
imagination !
Il y avait d'abord les draps... judicieusement accrochés au plafonnier ils pouvaient servir de tente berbère... transformer les plus grands en fantômes pour effrayer les petits
ou servir de corde pour escalader la grande armoire !
On pouvait grimper sur la vieille cheminée en marbre... faire le saut de la mort en atterrissant sur un lit !... Les lits !... on rampait dessous... pour jouer aux explorateurs...
ou échapper aux gendarmes (pour celui qui tenait le rôle du voleur !)
C'était la grande époque de David Crockett... alors les trappeurs attrapaient les indiens... pour les emprisonner... la prison c'était la penderie de "l'armoire anglaise"
Je n'ai jamais su pourquoi mon père appelait cette petite armoire avec un coté lingère et un coté penderie, en bois blanc plaqué façon chêne "l'armoire anglaise " il semblait y tenir
beaucoup !
Pour nous c'était la prison ou une cachette ou un appartemment privé !
Le drame est arrivé un jour où les trappeurs ont voulu emprisonner un indien récalcitrant !... ils ont réussi à l'enfermer avec mille peines... et même à fermer la porte de l'armoire à
clef ! Mais l'indien, vraiment trop récalcitrant, s'est débattu...a donné des coups de pieds dans la porte... jusqu'au moment où... l'armoire anglaise a cédé... la porte ne s'est pas
cassée... non... elle s'est démontée... je revois les panneaux tomber les uns après les autres... suivis par le dessus et les côtés !
Puis ce fut le silence... bientôt troublé par les pas de mon père dans l'escalier... 1,80 m 110 kilos... si vous ajoutez la colère d'être dérangé en plein service !... Non !... par respect
pour les âmes sensibles... je ne vous décrirai pas la scène... sachez simplement que nous avons eu les fesses rouges pendant plusieurs jours... et qu'il nous a fallu encore plus longtemps pour
retrouver le goût du dessert !...
Aujourd'hui encore... je déteste le mobilier anglais !
Ingrédients pour 2 pers :
- 2 filets de saumon de 130 g env.
- 1 bouquet d'aneth
- 2 échalotes
- 10 cl de vin blanc
- 10 cl de fumet de poissons
- 10 cl de crème fleurette
- 2 belles pommes de terre
- Ciseler finement les échalotes et les faire fondre dans une casserole avec un bon morceau de beurre.
- Mouiller avec le vin blanc et le fumet de poisson, ajouter la moitié du bouquet d'aneth grossièrement haché.
- Laisser cuire doucement jusqu'à réduction de moitié.


-Couper les pommes de terre en rondelles très fines et les disposer en rosace sur du papier sulfurisé ou une plaque de silpad.
- Saler, poivrer et enduire de beurre fondu à l'aide d'un pinceau.
- Enfourner pour une dizaine de minutes à four bien chaud.



- Disposer le saumon sur un plat allant
au four, badigeonner d'huile d'olive, saler, poivrer et mettre au four chaud également pendant une douzaine de minutes.

- Pendant ce temps ajouter la crème fleurette à la réduction ainsi que le reste du bouquet d'aneth.
- Donner un tour de bouillon, puis mixer soigneusement le tout, rectifier l'assaisonnement et réserver au chaud.

- Dresser sur assiette chaude et servir avec un Macon Villages bien fruité !
Bon appétit... bien sûr !
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