Rôti de porc au lait et épices douces
Lucienne et Gaston faisaient partis des habitants du Bouffay et j’avais promis de
vous en parler, ils avaient une petite résidence secondaire à proximité du restaurant
de ELLE et LUI !
Eux avaient eu une vie moins dissolue que leurs amis… mais ils avaient un sérieux
penchant pour la bouteille !
Lucienne était persuadée que le Gros-Plant (vin blanc très sec du pays nantais)
facilitait le travail des reins... et comme elle voulait que ses reins fonctionnent bien
elle avait tendance à abuser ! Elle arrivait au restaurant vers 11 h, elle passait
la tête à la porte de la cuisine et disait :
-" Chef un p'tit Gros-Plant pour le rein ? "
LUI : "j'arrive madame Lucienne faites servir !"
Quand LUI arrivait au bar il trempait ses lèvres dans le verre et disait :
-« Je vous sers le verre du patron madame Lucienne ? »
-« Bon d'accord ! Mais en vitesse ça va être l'heure mon feuilleton à la télé ! »
-« Il parle de quoi votre feuilleton madame Lucienne ? »
-« C’est l’histoire d’un p’tit orphelin qui a perdu sa maman et sa belle-mère est une
vraie tarte molle !... moi aussi je suis orpheline… je sais ce que c’est ! »
On a jamais su ce qu'elle entendait par "tarte molle"
Là dessus elle reprenait un dernier verre pour ne pas rester sur la tournée du patron !
Et partait en se dandinant préparer un repas qu'elle aurait bien du mal à manger !
Gaston était différent ! Si sa femme était un peu bêbête... lui était très intelligent...
son problème... il le disait lui-même :
-" J'ai pris ma première cuite à 5 ans et depuis c'est toujours la même !"
Il disait avoir des problèmes de mémoire et pour le prouver racontait le jour où sa
femme l’avait envoyé acheter du poisson ! Il était rentré trois jours plus tard… mais ...
avec le poisson ! Et il précisait: « Du poisson frais ! »
Sa grande spécialité... les soirs de fêtes... il se mettait une boule de billard dans la bouche et la retirait avec deux fourchettes… oui je sais ça peut paraitre bizarre comme
passe temps ! Mais pas plus que la manie qu'il avait quand il était éméché d'appeler tout le monde Dédé et de chanter "On s'est rencontréééés
siiiimplement ... et tu n'as rien faiiiit... pour chercher rààààà me plaiiiiire..."
Un jour où des clients très chics faisaient un repas de famille, trompant la vigilance de ELLE il se glissa dans la salle et fit reprendre en chœur son célèbre refrain par
toute la famille qui l'invita pour le dessert !
Au fil des mois la clientèle du restaurant a évolué... les visites des habitants du quartier du Bouffay se sont espacées... mais ELLE et LUI ont toujours gardé un bon souvenir de ces clients pas
comme les autres ! Un peu façon Audiard !
Ingrédients pour 4 pers :
- 1 rôti de porc de 1,2 k
- 500 gr de carottes
- 120 gr de crème épaisse
- 1 l de lait entier
- 8 gousses d'ail non épluchées
- 1 gousse de vanille
- 1 c.à.c de cannelle en poudre
- 1 bouquet garni
- 1 cuillérée de moutarde

- Faire d'abord rissoler dans une cocotte en fonte le rôti seul dans un peu de beurre et d'huile.
- Ajouter l'ail en chemise et la gousse de vanille , laisser dorer encore quelques minutes.

- Mouiller avec le litre de lait entier, ajouter la c.à.c de cannelle, le bouquet garni, le sel et le poivre.
- Porter à ébullition et laisser mijoter à feu doux pendant 1/2 h.


- Couper les carottes en bâtonnets (soigner la coupe pour une meilleure présentation !)
- Ajouter les carottes dans la cocotte.
- Mettre au four à chaleur moyenne 150° environ pendant 1 heure, en retournant le rôti régulièrement.


- En fin de cuisson, retirer le rôti et les carottes et réservez-les au chaud.
- Faire réduire le lait quelques minutes.
- Presser les gousses d'ail cuites dans le lait, puis passer le tout au chinois (passoire)
- Incorporer la crème fraîche et la cuillérée de moutarde, bien fouetter pour rendre la sauce homogène.
- Servir le rôti en tranches fines nappé de sauce, accompagné des carottes et saupoudré d'une pincée de piment d'espelette.
Bon appétit... bien sûr
!
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