Mardi 15 septembre 2009 2 15 /09 /2009 15:17

Figues roties façon crumble

Avec son magasin d’alimentation générale et rayon textile Jean L...  faisait partie... avec le boucher de l’aristocratie commerçante du village... le boulanger et le charcutier venaient un peu après... suivis par le coiffeur, le bourrelier et autre cordonnier !...

Il régnait en maître dans sa boutique sur les conserves, pâtes, chocolat... les sardines à l’huile et les petits pois extra-fins n’avaient pas de secret pour lui... Sa femme, elle, s’occupait plutôt du rayon « Nouveautés » sur un long comptoir en bois... elle présentait les pantalons de tergal et les chemises en popeline de coton  soigneusement emballées dans du papier de soie... les combinaisons et les sous-vêtements féminins étaient rangés dans des boites en carton sur les étagères derrière le comptoir... le couloir qui conduisait à la cuisine au fond du magasin servait de cabine d’essayage...

 C’était une « Maison de confiance » !...

Mais là où Jean prenait toute sa dimension... c’était quand il faisait la « chine »... avec sa camionnette équipée de portes sur tous les cotés qu’il ouvrait avec un carré qui ne quittait pas sa poche !

Deux fois par semaine il passait au restaurant chez mes parents... vêtu de sa blouse grise... la casquette de coté... un éternel mégot de cigarette roulée à la main collé aux lèvres... un petit carnet publicitaire ... et son célèbre crayon de bois sur l’oreille !...
Il avait la manie quand il parlait... et qu’il pensait dire quelque chose d’important... de frotter ses mains l’une contre l’autre comme s’il les savonnait ! Ça énervait ma mère !

Il prenait la commande... la commentait... reprochait à ma mère de ne pas prendre tel ou tel produit... recommandait tel autre... tentait un peu de forcer la main pour gonfler la livraison... puis il remettait son crayon sur l’oreille et retournait à sa camionnette... son carré à la main pour ouvrir les portes correspondant aux produits demandés !

La livraison terminée... il s’asseyait avec mon père dans la cuisine du restaurant pour prendre un verre... Ils n’en avaient besoin ni l’un ni l’autre... mais c’était l’occasion d’entamer des discussions interminables... mon père l’attaquait sur la religion (il le trouvait un peu calotin)... Jean répondait par la politique (mon père n’aimait pas De Gaulle)... puis ils se réconciliaient en parlant des difficultés du petit commerce !

Jean retroussait le bas de sa blouse pour mettre la main dans sa poche de pantalon... il sortait sa montre gousset... « Il faut que j’y aille Pierrot je vais être en retard ! »

Et la vie continuait jusqu’à la prochaine livraison !

Ingrédients :
- 1 k de figues noires
- 100 g de poudre d'amandes
- 100 gr d'amandes effilées
- 100 g de sucre en poudre
- 100 g de farine
- 150 g de beurre salé
- 1 orange confite (facultative)
- 4 cas de miel
- 4 cas de liqueur d'orange


- Après les avoir lavées, couper les figues en 2 ou en quatre selon leur grosseur.
- Disposer les dans un plat allant au four que vous aurez légèrement beurré au préalable.



- Dans un saladier mélanger le sucre, le beurre, la poudre d'amandes et la farine jusqu'à obtention d'un aspect sablé.
- Incorporer les amandes effilées et la liqueur d'orange.
- Répartir le miel sur les figues, puis recouvrir de la préparation.


- Mettre au four à 150° pendant quarante cinq minutes.
- Au sortir du four, après avoir enlevé la chair découper l'orange en lanières et les disposer sur le crumble.

- Déguster encore tiède accompagné d'un muscat de Frontignan bien frais !

Bon appétit... bien sûr !                                               Version imprimable 

Publié dans : Desserts - Communauté : Les Passionnés de cuisine - Par cuisine85
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